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« Par nature, l’image photographique se
conjugue au passé simple. A l’occasion, on s’autorise
l’usage du passé composé. Le cinématographe suggère la
vie, déroule ses artifices et nous abuse au présent de
l’infinitif. En conformité à son double usage, mes
images, elles, se conjuguent à l’imparfait. »
Né à
Genève en 1953, Jean-Jacques Béguin partage sa vie entre
son lieu de naissance et le village d'Armissan dans
l'Aude. En
2002, l’émergence des technologies numériques ravive son
intérêt pour la photographie, pratiquée de longue date, en amateur
jusqu’alors. Il produit dès 2003 un travail de facture
classique: instants volés, paysages urbains, etc. dans le
format traditionnel qu’impose son outil photographique.
A la recherche d’une voie pour s’émanciper de cet art de
la restitution instantanée et rectangulaire du monde, il
expérimente, fort d’une longue expérience du traitement
d’images numériques, avec de nombreux clichés pris d’un
même sujet, au développement de techniques de
composition sérielle.
Il parcourt le champ photographique au gré de ses
déplacements, soit il en balaye l’espace de divers
mouvements. La somme des clichés effectués, souvent plus
d’une centaine, est disposée, en ordre chronologique,
dans un périmètre toujours carré; suit un travail sur
les tons et la matière ainsi que sur la structure
linéaire.
« Jean-Jacques
Béguin, avec une irrévérence candide pour la géométrie
des choses et l’adéquation des tons, esquisse une scène,
un lieu, un itinéraire, une trajectoire et livre au
visiteur un inventaire chimérique, familier, illustré
d’une abondance d’image. »
"Les
photos de Jean-Jacques Béguin évoquent Perec, même
volonté méticuleuse de rendre compte d’un lieu, d’un
lieu quotidien, ou plutôt de l’infra-ordinaire de ce
lieu." |